Réflections/questions sur la mobilisation actuelle/future

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Réflections/questions sur la mobilisation actuelle/future

Message  Ed le Lun 26 Nov - 20:39

Bonjour,

En créant ce sujet, mon but n'est pas d'alimenter les polémiques mais plutôt d'inviter à la réflection qui, peut-être, pourrait déboucher sur une remise en question des stratégies mises en œuvre par les étudiants en lutte.

Alors que nous entamons une troisième semaine de gel de nos cours traditionnels à Paris VIII, je m'interroge sur l'impact du mouvement aujourd'hui et celui qu'il aura dans les jours/semaines à venir.

Je n'ai rien contre toute forme de mobilisation/manifestation et suis sincèrement pour ce qu'il y a de meilleur dans le monde des universités. Mais je suis également pour le respect du droit d'étudier et donc pour la reprise des cours. Je ne viens pas aux AG, principalement parce je les trouve illégitimes. Selon moi, et comme beaucoup d'autres l'ayant déjà dit ici, seul un vote à bulletins secrets ou un vote sécurisé via Internet, pour toute l'université, serait valide. Ensuite, je dois être franc, je n'ai pas vraiment d'avis personnel sur la LRU, le texte officiel étant pour moi trop hermétique et donc incompréhensible dans sa totalité. Or, dans ce cas, je n'envisage absolument pas de me mobiliser, que ce soit pour ou contre la réforme. Évidemment, je peux suivre, voire comprendre les débats (entre autres sur ce forum que je lis depuis le début) mais je suis incapable de déterminer si les arguments exposés reposent sur une bonne lecture du texte en question. En fait, ce qu'il faudrait, ce serait une reformulation complète de cette loi, traduite en mots simples et objectifs, dépouillée de toute hypothèse interprétative, afin de pouvoir constuire son propre point de vue. Je n'ai pas encore trouvé (bon, je ne passe pas tout mon temps à chercher, je l'avoue). Par ailleurs, je suis un piètre orateur (plutôt quelqu'un de réservé) et je pense que, dans l'état actuel des choses, les étudiants en faveur de la reprise des cours ne seront jamais assez nombreux/influents dans un vote à mains levées.

Tentons de faire le point de la situation actuelle en prenant les choses une par une.

Qu'est-ce que l'empêchement des cours habituels apporte ? À qui ? Pour les non-mobilisés, qui sont majoritaires, soit il est vécu comme une injustice et une atteinte au droit de travailler, soit il est bienvenu (ben oui, il y en a toujours un très grand nombre, sérieux ou non, pour se réjouir d'être en vacances anticipées), soit il laisse indifférent. Donc pour tous ceux-là, il n'apporte rien de particulièrement constructif. Pour les mobilisés, tout le monde le sait, c'est avant tout une façon de pouvoir faire "grève" tout en ne subissant pas les lourdes conséquences du manquement aux cours.

Qu'apportent les cours alternatifs ? Ils sont une bonne idée à la base et peuvent permettre de faire émerger des idées. Mais malheureusement, ils ne remplaceront jamais les cours prévus originellement, tout comme la BU ne remplacera jamais les enseignants. De plus, les non-mobilisés ne se sentent pas spécialement concernés puisqu'ils ne retrouvent pas le contenu des cours qu'ils ont choisis.

Qu'apportent les animations artistiques/culturelles ? L'initiative est appréciable mais on en organise toujours au sein ou autour de l'université, tout au long de l'année. Alors qu'elles aient lieu ou non durant les "grèves", je doute que cela change concrétement quelque chose à l'issue du combat mené par les mobilisés.

Qu'apporte l'occupation de la fac ? Sans parler des dangers (agressions, vols...), j'aurais tendance à dire que cela fait plus se refermer les mobilisés sur eux-mêmes qu'autre chose. Alors que les manifestations, en revanche, restent la meilleure technique pour rallier un maximum de monde.

Autre question que l'on peut se poser : faut-il absolument abroger purement et simplement cette loi ? Tout est-il vraiment à jeter ? Des négociations ne seraient-elles pas envisageables ? Il y aurait peut-être des choses à creuser de ce côté-là, d'autant plus que la LRU à elle seule ne fera pas tout puisqu'elle fait partie d'un ensemble de lois qui vont la suivre.

Qu'en est-il de la réaction du gouvernement et des médias face à la mobilisation ? Eh bien, je crois que tout le monde a pu le constater : elle n'est que peu affectée pour le moment. Le gouvernement ne reconnaît pas la "grève" étudiante. Sarkozy ne veut pas céder. Pécresse veut aller jusqu'au bout de sa réforme. Les médias parlent du mouvement de façon plutôt anecdotique. Et cela n'a rien d'étonnant : durant la révolte contre le CPE, qui a duré en gros 2 mois, on a vu des centaines de milliers, et même jusqu'à plus d'un million d'étudiants dans les rues. Aujourd'hui, un bon mois après le début des premières actions étudiantes, on ne voit que quelques milliers de mobilisés. C'est une toute autre échelle...

Pourquoi sont-ils si peu nombreux ? Tout d'abord, je pense que la phase d'information et de sensibilisation a été un peu trop expédiée, comparée à l'épisode du CPE. Ensuite, c'est certain, la grève des cheminots est tombée au mauvais moment et a été un frein pour beaucoup. Enfin, je pense que beaucoup d'étudiants ne comprennent pas trop quel danger la LRU représente à leur échelle et non à celle des universités. Pour le CPE, c'était très clair, chacun voyait les conséquences possibles pour lui-même. Là, les choses sont nettement plus floues. Je ne veux pas enterrer le mouvement avant l'heure et je me trompe peut-être mais je vois mal comment il peut prendre de l'ampleur sachant que les vacances de Noël, le temps des partiels puis l'inter-semestre arrivent à grands pas. Ce ne sont clairement pas des temps favorables à un élargissement de la mobilisation. De plus, les étudiants sont divisés. S'ils veulent que la LRU soit abrogée ou négociée, ils doivent être plus nombreux et plus unis, et ce avant Noël.

J'ai lu que pour certains cette semaine pourrait être charnière. Demandez-vous si les étudiants non-mobilisés ne seraient pas plus enclin à intégrer le mouvement si on leur redonnait pleinement l'accès aux cours auxquels ils se sont inscrits.

Alors, en espérant que je ne sois pas trop à côté de la plaque, que pensez-vous de tout cela ? Qu'est-ce qui devrait être fait ? Quelle tournure va prendre la suite des événements ?


Dernière édition par le Lun 26 Nov - 23:16, édité 4 fois
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Message  shibishen le Lun 26 Nov - 20:51

je ne fais que me repeter pour que les nouveaux puissent repondre à ce post et copmme ça correspo,t ça tombe bien

"Il faut absulument miser sur le spectaculaiure et non sur le demonstratif ou le provocateur

Le probleme avec le blocage c'est qu'il ne fait ni avancé les etudiants, ni vivre la fac ni reflechir le gouvernement
Paris 8 à toujours était une université avant gardiste au niveau revendication et manif... pourquoi pas tout en gardant cette idée d'avant garde... reussir enfin a travaillé avec les profs ... sur une reapropriation de l'université.
je pense que nous nous perdons en n'acceptant aucune direction... ou tout au moins temporairement temps que le systeme, n'est pas en place nous pourions instauré des mandats d'une semaine pour une direstion de 5 personne élus par l'ensemble de la communauté et qui travaillerai sur autre choses que le blocage... nous nous perdons aussi avec tout ces AG, ces manif qui n'avancent pas ... travaillons en groupe...
Vous savez moi j'ai appris une choses de ce mouvement... moi en temps qu'artiste j'ai trouvé constructif et agreable de travail en melangeant les matiere ... par exemple j'ai aidé les info-com sur leur proget et nous avont donc developpé un coté artististe et spacial de leur proget d'information...
ce qui manque aussi c'est la solidaritéet la responsabilité... on a beau ne pas etre en cours ou ne pas connaitre parfaitement sur une personne on doit a 100% pouvoir compté sur elle... autant sur une mission que en société.
et j'ajouterai pour finir... vive la fuite de l'UNEF"
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Re: Réflections/questions sur la mobilisation actuelle/future

Message  LEMOINE le Lun 26 Nov - 20:52

Tes doutes sur la capacité du mouvement contre la LRU à aboutir sont partagés par la grande majorité des étudiants.
Beaucoup, et ils sont de plus en plus nombreux, considèrent que le blocage se fait contre eux, qu'il les empêche plutôt de se faire une opinion et surtout qu'il ne leur permet pas de l'exprimer. Le blocage les exclut du mouvement puisqu'il leur pose en ultimatum d'être ou des activistes ou d'aller voir ailleurs. Ils n'ont envie d'être ni l'un ni l'autre. Ils pensent qu'ils peuvent à la fois poursuivre leur cours et se prononcer sur la loi après avoir pu s'informer correctement.

La seule solution pour en finir avec cette situation absurde et de venir et d'obliger à la levée des barrages s'il y en a . Ce n'est qu'après cela que le mouvement pourra prendre de l'ampleur et avoir quelques chances d'obtenir quelque chose.

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Re: Réflections/questions sur la mobilisation actuelle/future

Message  shibishen le Lun 26 Nov - 20:59

tout a fait d'ac... meme si je pense que le blocage était productif ... mais pas non plus car en meme temps que la ratp...
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Re: Réflections/questions sur la mobilisation actuelle/future

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