Président de Paris 8

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Président de Paris 8

Message  manon le Mer 28 Nov - 1:04

article de l'huma du 10 février 2007 du président de P8

Bon courage à tous les mobilisés.


« Les principes fondateurs du service public »
Par Pascal Binczak, président de Paris-VIII.
L’université doit-elle devenir payante ?

Que pensez-vous de l’idée d’augmenter les droits d’inscription ?

Pascal Binczak. Il ne me paraît pas souhaitable d’augmenter les droits d’inscription, qui sont déjà suffisamment élevés. Si je compare avec mon époque, j’ai été assez frappé par l’augmentation considérable de ces droits. Il n’est pas opportun de les augmenter en raison des faibles revenus de nos étudiants. On ne peut pas faire supporter les frais de fonctionnement d’une université à des usagers, qui se trouvent justement dans une situation sociale de plus en plus précaire. À Paris-VIII, j’ai des étudiants qui se « SDFisent ». La précarisation des étudiants devient extrêmement préoccupante.

Et celle de moduler les droits d’entrée à l’université en fonction des revenus des parents ?

Pascal Binczak. Ce principe est moins contestable mais ses modalités d’application me paraissent extrêmement complexes et cela peut à nouveau générer des inégalités. Vous pouvez avoir le cas d’étudiants qui ne sont pas ou peu aidés par leurs parents, aussi riches soient-ils.

Les entreprises peuvent-elles devenir une source majeure de financement des universités ?

Pascal Binczak. Il convient de distinguer les universités scientifiques, notamment à dominante mathématique ou physique, des universités en sciences humaines et sociales. Les premières contribuent aux avancées technologiques, scientifiques et concourent à l’action économique plus directement que les secondes. À partir du moment où elles ont une action productive immédiatement génératrice de richesses, il est, dans ce cas, envisageable qu’il y ait un « retour sur investissement » et que les entreprises abondent le budget des universités. En sciences humaines et sociales, c’est plus compliqué. Pour parler de mon université, fortement impliquée dans une politique d’insertion professionnelle, voilà par exemple une action pour laquelle université et entreprises peuvent s’associer et envisager des financements croisés. L’entreprise peut aider financièrement l’université, par exemple par la création d’un observatoire de l’insertion ou pour le financement d’enquêtes, d’analyses économiques et sociales… Peuvent être également envisagées des formes de mécénat dans le domaine artistique qui est, à Paris-VIII, l’un de nos domaines d’excellence. L’entreprise devrait davantage prendre conscience du rôle qu’elle peut jouer dans le progrès intellectuel et culturel de la société, sans rechercher son profit immédiat. Des aides ponctuelles sont alors possibles. Une aide structurelle suffisante dépend toutefois de cette prise de conscience. Par ailleurs, nous sommes une communauté d’enseignants chercheurs. Nous consacrons l’essentiel de notre temps à la recherche fondamentale et non à la recherche de capitaux. Nous ne sommes pas formés pour cela et nous n’avons du reste ni le temps ni les compétences pour démarcher des bailleurs de fonds. Il ne faut jamais perdre de vue les principes fondateurs du service public de l’enseignement qui découlent des principes républicains. Cela vaut pour les droits d’inscription comme pour le financement des universités. Parmi ces principes fondateurs, il y a le principe d’égalité. Les revenus ne doivent pas être source de discriminations pour les étudiants. La force et la grandeur de l’université résident dans le fait qu’elle est ouverte à tous, sans distinction de race, de sexe et de revenus…

Certains critiquent une université un peu trop fourre-tout. Quel est votre point de vue ?

Pascal Binczak. Le slogan de la CPU (Conférence des présidents d’université) est le suivant : « l’université est une chance ». Tous doivent avoir la possibilité de la saisir. Quelle est la mission de l’université ? Pour y répondre, on peut se référer aux vieux débats de Vincennes et au clivage entre la fonction productiviste de l’université et sa fonction culturelle. Nous avons bien pour mission de produire des formations qui seront sanctionnées par des diplômes et qui permettront aux étudiants de trouver un emploi. Mais nous avons aussi une fonction culturelle, intellectuelle, qui a tendance à être négligée. Il y a des usagers de l’université qui ne viennent pas forcément chercher un diplôme mais un enrichissement culturel et intellectuel. Les étudiants sont conscients de leur chance. Ils savent qu’ils ont quelque chose à y faire. C’est, pour beaucoup, le dernier refuge dans une société de plus en plus dure. Quand on estime qu’on doit restreindre l’accès à certains usagers, cela veut dire que l’on néglige complètement cette deuxième fonction, plus désintéressée et, pourquoi ne pas le dire, noble. Plus généralement, ne perdons jamais de vue que nos principes fondateurs républicains font la spécificité et la grandeur de l’Université française.

manon

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Re: Président de Paris 8

Message  Choucha_L1 le Ven 7 Déc - 0:54

Merci d'avoir posté cet article, ça fait bien plaisir de lire ça !
Alors lisez, lisez !!!

Choucha_L1

Messages : 9
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