Appel de Paris 13

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Appel de Paris 13

Message  Admin le Mer 28 Nov - 18:08

Appel de l'université de Paris 13


Sauvons l'université et construisons ensemble un autre projet !



Nous, enseignants, chercheurs et personnels administratifs de
l'université de Paris 13, nous déclarons opposés à la loi Libertés et

Responsabilités des Universités, dite d' « Autonomie ». Nous ne
nous reconnaissons pas dans le soutien quasi sans faille de la
Conférence des

Présidents des Universités (exprimé au mépris des nombreuses
motions des conseils condamnant cette loi). Certes, l'université est en
crise et

le statu quo ne saurait nous satisfaire, mais loi LRU n'apporte
pas de réponses aux difficultés réelles de l'université. Plus grave
encore, elle

en créera de nouvelles : elle accroît les inégalités entre les
établissements et s'attaque à la notion même de service public de
l'enseignement

supérieur et de la recherche. Nos critiques s'articulent autour de trois axes :


CONCENTRATION DES POUVOIRS : la loi LRU offre au président d'université un arsenal de dispositions qui renforcent ses pouvoirs.

Démocratie et collégialité sont menacées par la réduction du rôle du Conseil Scientifique et Conseil des Etudes et de la Vie

Universitaire
, qui ne seront plus que « consultés ». Le recrutement ne sera plus assuré par des commissions de spécialistes mais par

des comités de sélection ad hoc désignés par le président, et dont les membres n'émaneront plus exclusivement du champ

disciplinaire concerné. Censés remédier au « localisme » qui
affecte beaucoup de recrutements actuels, ces comités de sélection ne

feront pourtant que renforcer les logiques de clientélisme tout en
perdant en légitimité scientifique et en collégialité. Le président

aura en outre un droit de veto sur les décisions finales de ces comités.


RECOURS AU FINANCEMENT PRIVÉ : la loi LRU l'encourage par le biais de fondations qui géreront des dons d'entreprises privées ou

de particuliers, des réductions d'impôts étant accordées pour un montant représentant 60 à 66% des dons. Dans le même temps, le

budget 2008
confirme le désengagement de l'Etat: les montants alloués au Crédit Impôt Recherche augmentent massivement afin de

financer la recherche privée, aucune création de postes n'est
envisagée. Que ce soit par ces réductions d'impôts ou par le Crédit

Impôt Recherche, l'Etat laisse ainsi des intérêts privés répartir,
sans aucun contrôle, une partie significative du budget de la nation

consacré à l'enseignement supérieur et la recherche. Ce choix de
financement signifie pour nous que derrière l'annonce d'autonomie

financière des universités se profile en fait la menace d'une perte d'autonomie scientifique et pédagogique face à la logique

utilitariste
des investisseurs privés. La course à ces financements privés instaurera par ailleurs une mise en concurrence

d'établissements - et de formations entre elles en leur sein - alors que tous n'ont déjà pas au départ les mêmes atouts. Ceci

accentuera donc la hiérarchisation, au lieu de tendre à rétablir une équité ainsi qu'oeuvrer à une unification des moyens des

formations post-bac (Classes préparatoires/grandes écoles, universités, IUT, BTS).


REMISE EN CAUSE DES STATUTS DES PERSONNELS : la loi LRU renforce un processus déjà amorcé pour les personnels BIATOS :

individualisation des carrières, arbitraire du pouvoir hiérarchique
à travers l'instauration de primes et modulations de service (après

une évaluation sujette à caution). La loi élargit également les
possibilités de recrutement de non-fonctionnaires (en CDD ou CDI) et

par là même augmente la précarisation des personnels, notamment des BIATOS, mais aussi des enseignants-chercheurs désormais. Les

présidents en mal de soutien financier ou cherchant à compenser les
sommes dépensées pour attirer les « meilleurs » ne manqueront

pas d'être tentés par ces possibilités nouvelles, ou alors d’externaliser certains services de manière à diminuer la masse salariale au

profit du budget de fonctionnement.


Ensemble, nous refusons l’université qui nous est proposée. Nous voulons une université avant tout publique et offrant les mêmes chances de

réussite
à tous. Pour cela, l’Etat doit s’engager à la financer à la hauteur des autres pays de l'OCDE. Nous ne rejetons ni la

professionnalisation ni la nécessité d'entretenir des liens avec le
monde du travail mais selon nous, l'université ne doit pas assujettir
ses

missions aux demandes fluctuantes des investisseurs privés et des employeurs. Elle doit rester un lieu de diffusion des savoirs et de la

connaissance, de développement de la recherche
, ainsi qu’un lieu d'émancipation intellectuelle et de promotion sociale.


En conséquence, nous nous engageons et appelons nos collègues de tous statuts à participer activement à la mobilisation, aux côtés des

étudiants. Nous appelons également à la reprise d'assises de l'enseignement supérieur dans tous les établissements, afin d'associer étudiants et

personnels à la réflexion sur les missions de l'université et ses
nécessaires évolutions. La réforme de l'Université ne peut en effet
s'envisager

qu'après un large débat impliquant les communautés scientifiques, et au-delà l’ensemble de la société française.


Sauvons l'université et construisons ensemble un autre projet !


Pétition à signer : http://www.univenlutte.lautre.net/petitions/index.php?petition=5

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